Chaises Baumann à l’Hôtel Belle-Vue Marseille : 20 pièces vintage au Vieux-Port

Si vous prenez place à La Caravelle, le bar-restaurant de l’Hôtel Belle-Vue sur le Vieux-Port de Marseille, vous êtes peut-être assis sur une pièce de patrimoine industriel français. Vingt chaises Baumann — manufacture mythique fermée en 2003 — composent une partie du mobilier du lieu. Plongée dans cette signature décorative qui marie design vintage et identité marseillaise.

Baumann : 102 ans d’une icône française du mobilier

L’aventure commence en 1901, à Colombier-Fontaine, dans le Doubs. Émile Baumann, ébéniste suisse installé en Franche-Comté, fonde une fabrique spécialisée dans une technique encore peu répandue à l’époque : le bois courbé par étuvage, héritée de l’école Thonet. Le procédé permet de tordre des essences nobles (hêtre, frêne) en arc parfait, sans rupture de fibre. Le résultat : des chaises légères, résistantes, à la silhouette épurée, déclinables en centaines de modèles.

Dans les années 1960-70, Baumann devient la référence française du mobilier en bois courbé. L’usine emploie jusqu’à 650 salariés, fournit les restaurants, brasseries et bistrots de toute la France, et signe des collaborations de prestige — notamment le célèbre modèle Lido, conçu pour le cabaret parisien.

Puis vient la concurrence des chaises moulées en plastique, plus rapides à produire et moins coûteuses. La manufacture résiste plus de vingt ans, mais finit par déposer le bilan en 2003. La marque devient instantanément un objet de quête pour collectionneurs et antiquaires : les modèles classiques de Baumann s’arrachent aux Puces de Paris, dans les ventes spécialisées et sur les sites de design vintage.

Vingt Baumann à l’Hôtel Belle-Vue — l’histoire d’un coup de cœur

Au printemps 2008, lors d’un séjour à Paris, l’équipe de l’Hôtel Belle-Vue trouve aux Puces de Saint-Ouen un lot de 20 chaises Baumann issues d’un ancien restaurant. Le choix se fait rapidement : la patine du bois, la robustesse intacte, la silhouette qui dialoguera parfaitement avec les hauts plafonds et les moulures XIXᵉ du Belle-Vue. La transaction est conclue dans la journée.

Aujourd’hui, ces vingt pièces équipent la salle du bar-restaurant La Caravelle au rez-de-chaussée de l’hôtel. Elles ont vu passer plus de quinze années de petit-déjeuners face au Vieux-Port, de concerts de jazz du jeudi, et de fins de soirées prolongées. Aucune n’a flanché.

Comment reconnaître une vraie chaise Baumann

  • L’estampille : un fer chaud apposé sous l’assise (mention « Baumann » + référence du modèle), parfois doublé d’une étiquette papier d’époque
  • Le dossier en lamelles de hêtre courbées, assemblées sans clou ni vis apparente
  • Une assise cannelée à la main ou en contreplaqué moulé d’une seule pièce
  • Le poids : étonnamment léger pour la robustesse — la signature du bois étuvé
  • L’usure naturelle du vernis et des pieds, signe d’un usage long et d’authenticité

Le vintage à Marseille : un dialogue entre Provence et industrie

Marseille n’a pas la tradition manufacturière de Saint-Étienne ou de la Franche-Comté, mais la ville a toujours été friande de mobilier industriel français — peut-être parce que le port a importé pendant un siècle et demi tout ce que la France produisait avant de l’expédier dans le bassin méditerranéen. Aujourd’hui, plusieurs adresses marseillaises misent sur ce mélange : un cadre patrimonial restauré, du mobilier vintage chiné, des pièces signées par les manufactures françaises disparues.

L’Hôtel Belle-Vue s’inscrit pleinement dans cette filiation. Pour creuser, consultez nos articles consacrés à la rénovation design de l’hôtel et à l’identité marseillaise du décor.

Où voir d’autres pièces Baumann à Marseille et en Provence ?

  • Les brocantes du Cours Julien (1er dimanche du mois) : quelques pièces apparaissent régulièrement
  • La brocante des Sablettes (place Castellane, 2ᵉ samedi) : plus orientée mobilier français mi-XXᵉ
  • Les antiquaires de la rue Sainte et de la rue Edmond Rostand : sélection plus pointue, prix en conséquence
  • En Provence, la ville d’L’Isle-sur-la-Sorgue (1h de Marseille en voiture) reste l’une des capitales européennes du mobilier vintage, avec son grand marché des dimanches matins

FAQ — Mobilier vintage et hôtellerie de charme

Combien coûte une chaise Baumann d’origine en 2026 ?

De 80 à 400 € pour les modèles courants, jusqu’à 1 200 € pour les pièces rares signées (modèle Lido, séries cannées d’origine, designs collaboratifs). Les prix ont triplé en quinze ans depuis la fermeture de la manufacture.

Peut-on s’asseoir sur ces chaises pendant son séjour à l’hôtel ?

Bien sûr — ce ne sont pas des pièces de musée derrière une vitrine. Elles sont au quotidien à La Caravelle. Le mobilier est fait pour être utilisé, c’est l’esprit de la maison.

Y a-t-il d’autres pièces de design dans l’hôtel ?

Oui — un escalier d’origine classé, des moulures XIXᵉ restaurées, des luminaires sur mesure et des œuvres d’artistes marseillais contemporains (expositions tournantes dans les espaces communs). Notre article décoration et design détaille l’ensemble.

L’Hôtel Belle-Vue est-il labellisé pour son patrimoine ?

L’hôtel est labellisé Clef Verte pour son engagement écologique (depuis 2012, premier hôtel de Marseille certifié) et son architecture XIXᵉ s’inscrit dans le périmètre patrimonial du Vieux-Port. Le bâtiment est régulièrement restauré dans le respect de l’identité historique du quartier.

Réservez votre séjour design au Vieux-Port

Pour découvrir les chaises Baumann (et le reste du décor) en personne, rien ne vaut un petit-déjeuner à La Caravelle ou un verre en fin de journée. Réservez votre chambre à l’Hôtel Belle-Vue face au Vieux-Port de Marseille.

Close
Ce site utilise des cookies afin d'améliorer votre expérience de navigation.
Close