Le Vieux Port de Marseille

Le Vieux Port de Marseille

Du provençal lo Pòrt Vielh, le Vieux Port est le plus ancien port de Marseille puisque c’est en 600 avant Jésus-Christ que les Phocéens s’y installèrent sur la rive Nord. Les Phocéens y construisent des temples, un théâtre, une agora et des remparts. La rive droite servira de carrières pour la construction des remparts et de cité des morts.

Au moyen âge la ville s’étend vers le sud où est construite l’Abbaye Saint Victor, puis au X sont installés sur la rive Est du Port, des entrepôts, des chantiers de charpente et un chantier communal de constructions navales. Ce n’est qu‘au XV que furent construits les quais, que les espagnoles attaquèrent en 1423, volant la chaine barrant l’entrée du Vieux-Port.

Au XVII, Le Vieux-Port de Marseille devient l’un des plus grand port marchand d’Europe et donc une terre importante d’immigration. Les iles du Frioul sont au cœur d’un dispositif important de contrôle, d’accueil et surtout de mise en quarantaine afin de se prémunir de la peste.

Malheureusement toutes les précautions ne suffirons pas en empêcher la peste d’entrer dans Marseille, causant jusqu’à 120000 victimes dans toute la Provence. C’est le Grand-Saint-Antoine, un bateau en provenance du Levant (la région de la Syrie), accostant à Marseille le 25 mai 1720 qui est à l’origine de l’épidémie. En effet, sa cargaison constituée d’étoffes et de balles de coton est contaminée par le bacille de Yersin responsable de la peste. La responsabilité de la non-application de la réglementation a été recherchée à l’époque auprès du commandant du navire, le capitaine Jean-Baptiste Chataud, et du premier échevin, Jean-Baptiste Estelle. Aucune preuve formelle n’a pu être trouvée. Il est cependant certain que les intendants de santé chargés de cette réglementation ont agi avec beaucoup de légèreté : la question de savoir s’ils ont subi des pressions de la part des échevins reste sans réponse.

L’alimentation de la population ainsi que l’évacuation des cadavres posent de graves problèmes et mobilisent les échevins qui montrent beaucoup de courage. L’enlèvement des cadavres du quartier de la Tourette par les galériens de l’Arsenal des galères mobilisés à cet effet et placés sous le commandement du chevalier Roze constitue un fait majeur de ce tragique évènement. Les religieux avec à leur tête Mgr de Belsunce apportent un réconfort moral aux mourants.

Cette épidémie constitue un épisode historique marquant, toujours présent dans la mémoire collective des Marseillais.

Les activités portuaires de commerce furent ensuite déplacées vers d’autres sites plus au nord : les bassins de l’actuel Grand port maritime de Marseille.